JAPON

LA BIODIVERSITE MARINE MENACEE PAR L’ELEVAGE INTENSIF DE CREVETTE EN THAILANDE

LA BIODIVERSITE MARINE MENACEE PAR L’ELEVAGE INTENSIF DE CREVETTE EN THAILANDE

L'élevage des crevettes, ou crevetticulture, est une des nombreuses activités de l'aquaculture qui consiste en l'élevage de crevettes pour la consommation humaine. La production intensive de crevettes d'élevage a débuté en Thaïlande depuis les années 1980 et a connu une croissance très rapide, dopée par la demande du Japon, de la Chine, de l'Europe et des Etats-Unis. La production totale était de plus de 2 millions de tonnes en 2004, pour une valeur de 9 milliards de dollars.

Près de 80% des crevettes d'élevages sont produites en Asie, plus particulièrement en Thaïlande. Les progrès technologiques ont considérablement augmenté les capacités de production. Les crevettes sont élevées dans des bassins avec une densité sans cesse accrue qui détruisent les vastes étendues du littoral, en particulier les mangroves ou forêts de palétuviers, remparts servant à protéger les régions côtières contre les cyclones ou les tsunamis. La destruction des mangroves a aussi un impact sur les récifs coralliens situés à proximité et à la pêche. Déjà gravement menacés par le réchauffement de la planète, ils ne peuvent résister à l'envasement résultant de l'érosion des sols côtiers. Selon de nombreux écologistes, le gigantesque tsunami asiatique du 26 décembre 2004 aurait eu un bilan moins catastrophique si les mangroves et les coraux n'avaient pas été tant décimés.

En ce qui concerne l'écosystème marin, on estime que pour 1 Kg de crevettes élevées, 447g de poissons et crevettes provenant de l'écosystème naturel disparaît, soit 100 kg de poissons perdus par hectare de mangrove supprimée. Par ailleurs, la croissance forcée des crevettes dans des bassins surpeuplés entraîne le développement des parasites. Les fermiers aquacoles utilisent alors des antibiotiques qui sont dans la plupart des cas interdits.

Après quelques années d'exploitation, les éleveurs délaissent leurs bassins à crevette et vont s'installer ailleurs. Ils laissent derrière eux une région désertique ayant des niveaux élevés d'acidité et de salinité, des sols et des cours d'eau contaminés et toxiques pour les habitants et animaux. Les terres souillées ne peuvent donc plus apporter de l'eau potable, du bois ou des plantes médicinales pour la population locale. La crevette tigrée «Black Tiger Shrimp» (Penaeus Monodon) est l'espèce la plus fréquemment élevée car elle est moins fragile et sensible aux maladies que la crevette d'eau douce (« Giant Freshwater Prawn ») préférée par les consommateurs cependant plus coûteuse. Environ 40 000 fermes d'élevages de crevettes tigrées se sont installées sur une superficie de 80 000 hectares, apportant une production d'environ 300 000 tonnes et utilisant une main d'œuvre d'environ 750 000 personnes.

Aujourd'hui le gouvernement a pris conscience du problème et a lancé une grande campagne de reboisement de palétuvier. De plus, une loi a été vote qui vise à limiter l'expansion des fermes à crevettes.

UN CONSTAT ALARMANT CONCERNANT LA TORTUE LUTH

UN CONSTAT ALARMANT CONCERNANT LA TORTUE LUTH

Des scientifiques basés à Bangkok en Thaïlande ont suivit la migration de la tortue Luth de l'Indonésie aux Etats-Unis dans une épopée de 20.000 kilomètres à la recherche de nourriture. Ces recherches ont pour but de relancer les efforts internationaux pour protéger cette espèce en danger.
La tortue Luth peut mesurer jusqu'à 2,75 mètres de longueur, elle a sillonné les océans pendant 100 millions d'années mais aujourd'hui cette espèce est en danger d'extinction si aucune mesure draconienne n'est prise au niveau international. 
 « Une migration de cette ampleur expose les animaux à une multitude de risques dont les principaux  sont la pêche en haute mer » selon Scott Benson et Peter Dutton, des scientifiques spécialistes des tortues Luth qui ont co-écrit plusieurs articles à ce sujet.
 « Une conservation efficace nécessite une meilleure compréhension des routes migratoires et des destinations afin de comprendre et d'atténuer l'activité humaine en mer » ont-ils écrit.
La tortue Luth est la plus menacée de toutes les tortues marines. Scott Benson a estimé la population dans la grande région Pacifique à moins de 5000 femelles adultes. Les mâles ne peuvent quant à eux être difficilement  comptés parce qu'ils ne viennent pas à terre pour pondre. Les conservateurs estiment que l'espèce devrait disparaître d'ici 30 ans.
Les tortues sont confrontées à une multitude de risques liés à différentes choses comme l'ingestion de débris, comme les plastiques, ou à cause du fait qu'elle voyage dans les zones de pêche ou dans les courants poissonneux ou sont posés les filets.
Benson et Dutton sont allés en Indonésie en 2001 dans le but de suivre certaines tortues en utilisant des émetteurs satellitaires. Leurs expériences confirment une route transpacifique de la mer de Chine méridionale ou de la mer du Japon pour le Pacifique Nord.
Une femelle adulte a commencé son voyage en 2003 sur une plage de nidification à Jamursbamedi dans la province de Papouasie. Dutton  a suivi la tortue dans sa recherche de nourriture pendant 647 jours jusqu'à ce que l'émetteur se trouve à court de batterie juste au large de Hawaii. Mais une étude a révélée que certains spécimens arrivent jusqu'à l'état d'Oregon. « Elles sont les maîtres de l'océan. Elles possèdent une quantité impressionnante de muscles à l'avant du corps, qui leurs permettent d'être extrêmement puissantes et performantes pour plonger et pêcher pour se nourrir » selon  Peter Dutton.

 « C'est la responsabilité d'un grand nombre de pays d'assurer la survie de l'espèce pour les générations futures. C'est un animal qui ne reconnaît pas les frontières internationales. Vous pouvez protéger les plages de nidification, mais si vous ne pouvez pas protéger les animaux dans l'eau c'est comme si vous ne faisiez rien » a déclaré Scott Benson.

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